Portrait : Frédérique Bel

Frédérique Bel - ambassadrice smart

Lettrée et artiste

Ancienne mannequin devenue actrice, la belle savoyarde n’a pas sa langue dans sa poche. Aimant par-dessus tout jouer avec les mots, cette ambassadrice de charme de smart est profondément humaniste. 

Frédérique Bel porte bien son nom. Elle a été gâtée par Dame Nature, la dotant d’un physique qui déclenche en boucle la fameuse chanson de Claude François : « Belles, belles, belles, comme le jour, belles, belles, belles, comme l’amour…. ». La nature a tellement bien fait les choses que Frédérique Bel n’a jamais pris un gramme en dépit des écarts qu’elle s’autorise depuis son enfance : les friandises et les bonbons dévorés dans l’épicerie familiale et les plats savoyards de son Annecy natal pour lesquelles elle avoue un faible. De quoi déclencher la jalousie de milliers de femmes qui passent leur vie à faire attention. Malgré ses jambes interminables, son visage solaire, ses formes sculptées, la quadra n’était pas programmée pour crever l’écran mais pour devenir professeure de français. Lancez le magnéto : c’est un bonheur d’écouter Frédérique Bel. Les mots glissent dans sa bouche. Elle est baignée de littérature. « Fin 19ème siècle, début 20ème décadent », dit-elle. C’est que Frédérique n’est pas la blonde futile que beaucoup pourraient imaginer.

Bac en poche à Macon, elle intègre l’université de lettres de Strasbourg où elle obtient une maîtrise, puis débarque à Paris pour passer son Capes. Dans la capitale, tout bascule. « On m’avait fait croire que je pouvais vivre avec une bourse. Rapidement, je me suis rendu compte que je n’avais pas les moyens de poursuivre mes études, la vie à Paris étant vraiment chère ». Frédérique Bel enchaine les petits boulots puis s’inscrit dans des agences.

« Au début, je travaillais la nuit en tant que serveuse et hôtesse. Puis les tournées d’été et les séances de mannequinat sont arrivées ». La belle savoyarde doit se rendre à l’évidence : elle n’a plus le temps de suivre les cours. Mine de rien, Frédérique se fait happer par ses nouvelles occupations alors qu’elle n’était pas programmée pour cela. Le tableau de chasse est impressionnant : quarante-trois publicités pour la télévision en l’espace de seulement deux ans. « La même semaine, il m’arrivait de vanter les mérites de deux produits concurrents », raconte-t-elle hilare. De la publicité au cinéma, il n’y a qu’un pas qu’elle franchit aisément. Face à la caméra, Frédérique est comme un poisson dans l’eau. Le monde de l’audiovisuel découvre une fille qui trompe les clichés. A mille lieux de la femme objet et de la blonde qu’elle incarnait à travers le personnage de Dorothy Doll, dans la séquence intitulée La Minute Blonde durant la Grand Journal de Canal +. La rubrique cartonne. Peu importe que la réussite dérange, que l’ingratitude et la jalousie répandent leur venin. Frédérique poursuit sa route.

Frédérique Bel - ambassadrice smart

« J’ai essuyé les railleries. J’ai vécu la misogynie. A un moment, on m’a confondue avec mon personnage. J’ai fini par arrêter et par devenir brune ».

Frédérique retient l’essentiel : « nombre de réalisateurs m’ont remarqué ». Son impertinence séduit. Son culot fascine. Elle incarne bientôt Miss France dans Un ticket pour l’espace puis Miss Camping dans Camping. Toujours en 2006, elle obtient son premier grand rôle dans Changement d’adresse, un long-métrage d’Emmanuel Mourret. Ce réalisateur la fera jouer dans trois autres films. Leur complicité crève l’écran. « J’ai enfilé son texte comme on enfile un gant. Je l’ai enregistré pour prendre son ton, son phrasé. J’avais besoin de montrer que j’étais docile. C’est aussi le but de se laisser manipuler. J’adore que l’on me dirige et que l’on me manipule comme une marionnette. Par contre, si la porte s’ouvre, si une faille apparaît, je m’engouffre et je la remplis ». Frédérique diversifie sa palette de personnages. Elle irradie l’écran dans Vilaine, endosse le costume de Christine Deviers-Joncour dans Les Nuits rouges du Bourreau de Jade, est à l’affiche de L’Amour ne dure que trois ans, joue l’aînée des Verneuil dans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? sorti en 2014. Plus de 17 millions de spectateurs se presseront dans les salles obscures européennes. Un succès qui n’émeut pas outre mesure ses parents. « Ils sont super fiers de ce que je fais mais cela n’empêche pas mon père d’aller se coucher s’il trouve qu’un film n’est pas à son goût ».

Frédérique demande une pause collation. Un verre d’eau et ça repart. La grande savoyarde est une acharnée de travail, érudit, rigoureuse. C’est surtout une femme saine qui a les pieds sur terre :

« Le travail ne se refuse pas surtout lorsque l’on a gagné trois fois rien et que l’on vous propose une rémunération à cinq chiffres pour une heure ».

Le ton devient plus grave. « J’ai passé une partie de mon enfance à travailler. Mes parents tenaient une petite épicerie où j’ai vécu les premières animations de vitrine, entre les coucous suisses et la machine à jambon. Ce n’était pas une époque facile. Le commerce a fait faillite au moment de l’essor des grandes surfaces. Mes parents ont acheté un grand hôtel à Macon. J’ai passé mon enfance à servir. Nous n’avons pas eu de vie de famille », dit-elle. De ses jeunes années, Frédérique a conservé une grande rigueur. « Lorsque j’arrive sur un tournage, je suis en pleine forme, j’ai dormi la veille. Ce n’est pas le cas de tout le monde », assure-t-elle.

L’évocation de ses souvenirs de jeunesse, c’est aussi la nostalgie des univers de montagne, des paysages de cartes postales, des ambiances de bois et de neige de sa Savoie natale. La jeunesse, c’est encore ses premiers pas au volant d’une automobile.

« A Strasbourg, j’avais une Volvo. Elle était trop grande et vraiment difficile à stationner. Peu de temps après être arrivée à Paris, ma vie a changé avec ma première smart fortwo »

Pas question toutefois d’avoir la même smart que tout le monde. Faute de trouver la couleur de garnissage intérieur souhaitée dans le catalogue du constructeur, Frédérique s’en remet à un sellier. « Je lui ai demandé de recouvrir l’intégralité de l’habitacle en mauve et en violet, pour être assorti à mon sac violet de la maison Lancel pour laquelle je travaillais. La carrosserie noire était ornée de hublots violets. Ma smart réalisait un mix entre la voiture de Pénélope Jolicœur et la voiture de l’Espace Pop ». La personnalisation ne passe pas inaperçue au sein de smart. Les remarques du constructeur sur les risques encourus à modifier des éléments influant sur la sécurité du véhicule sont vite oubliées. Frédérique et smart jettent les bases d’un solide partenariat qui court toujours. « Ma smart fortwo actuelle, un modèle BRABUS est bordeaux avec rayures tennis blanches. Comix mais pas Barbie », assure-t-elle. Et la prochaine ? « Elle sera jaune fluo pour que l’on la voit bien sur la route », ose Frédérique.

Frédérique Bel - ambassadrice smart

« J’aime jouer avec les mots. Rien ne me plaît plus que le sous-texte, ce qui se passe sous les mots, ce que l’on peut mettre dans un mot et sa transcription dans une attitude ».

De ses études de lettres, elle a conservé l’amour des mots. Frédérique connaît si bien la force des mots qu’elle peut vous entraîner facilement dans des territoires inconnus du commun des mortels, vous parlant de ruptures de Pattern, de zeugma et peignant les situations sous forme de métaphore. Passer plusieurs heures avec Frédérique vous fait changer de catégorie, devenir plus intelligent ou moins ignorant. Les textes glissent dans sa bouche. Elle met les interlocuteurs en confiance et les emmène là où elle a envie. Avec sa voix douce. Enjôleuse. C’est le propre de son jeu. Quel que soit le personnage qu’elle doit jouer et les situations, Frédérique ne se laisse jamais aller. « Même si le texte est mal écrit et même si je ne suis pas au centre de l’intrigue, j’essaie toujours d’y mettre du cœur, de la compréhension. Parfois, j’invente des choses. J’apporte ma patte pour que les gens s’amusent et moi aussi », dit-elle.

La pétillante savoyarde ne tient pas en place. Elle mène plusieurs projets de front. Elle vient de terminer le film La Mante avec Carole Bouquet et Fred Testot, un thriller dont la sortie est prévue en septembre et qui lui a fait changer de registre. Elle se prépare aussi à jouer la suite de Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? et mène un projet personnel avec le scénariste Marc Gibaja. « Je participe avec lui à l’écriture d’un film très rigolo ». Et comme si cela ne suffisait pas, Frédérique pourrait remonter sur les planches. « On m’a écrit une pièce de théâtre et nous sommes en train d’essayer de la monter ». Au mois de juillet, sort en salles le long-métrage Les Sales Gosses de Frédéric Quiring dans lequel elle incarne la tenancière déjantée d’un centre pour personnes âgées.

Entre deux projets cinématographiques, ne croyez pas que la belle Frédérique se tourne les pouces. Elle s’adonne à la voyance. « Depuis l’âge de neuf ans », confie-t-elle. Et d’ajouter : « Ma sœur est médium. Je l’ai rattrapé ». Lorsqu’elle lâche les cartes, Frédérique a encore du temps à consacrer à l’Association Maladies Foies Enfants (AMFE) dont elle la marraine engagée. « Ma voisine pharmacienne a créé cette association à la suite de la perte de sa fille. Nous avons créé un spot publicitaire pour sensibiliser les parents et les autorités médicales sur la colorimétrie des selles du nourrisson. La campagne a été couronnée de nombreux prix. Nous avons reçu énormément de soutien sur les réseaux sociaux ». Frédérique ne cache pas sa fierté. Son engagement a servi : le Ministère de la Santé a décidé d’inclure le diagnostic des selles la première année du bébé et trois chambres ont pu être ouvertes au Kremlin-Bicêtre pour accueillir des femmes dont les bébés sont en cours de transplantation.

Frédérique regarde sa montre. « Oups, il faut que j’y aille. Je ne suis pas en avance ». Elle a rendez-vous à l’autre bout de Paris. Elle se lève, appelle Joca, sa chienne de deux ans, qui ne la quitte jamais. « Je ne conçois pas la vie sans animaux. C’est l’être qui me détresse le plus ». Et elle adore sa smart !