Portrait : Ophélie Meunier

Univers smart

Une ascension fulgurante

Cette ancienne mannequin est devenue l’une des valeurs montantes du PAF. Depuis septembre dernier, elle présente l’émission Le Tube sur Canal+. Entre deux réunions de rédaction, la belle journaliste, ambassadrice de charme de smart, est sortie de sa réserve.

Dans l’instant où vous croisez son regard, Ophélie Meunier inspire les premières paroles d’un tube de Marc Lavoine : « Elle a les yeux revolver,…. » C’est vrai qu’elle a des yeux qui foudroient. Son regard capte l’attention. La lumière. Elle est à l’aise devant un objectif. Celui du caméraman comme celui du photographe. Et pour cause. Dame nature lui a conféré le visage et la silhouette parfaits des top models qui monopolisent les couvertures des magazines de mode et les podiums des défilés de mode. A l’adolescence, lorsque ses copines se rongent les ongles rien qu’à l’idée de s’imaginer un avenir, Ophélie court déjà le monde à multiplier les shooting photos. « Petite, j’avais posé pour les catalogues de la Redoute et des 3 Suisses. En terminale, une agence de mannequin m’a proposé de faire des photos », explique-t-elle. A 17 ans, le bac scientifique mention très bien en poche, sa curiosité l’incite à foncer. Elle n’a rien à perdre, avec un an d’avance sur un cursus normal.

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L’aventure américaine

« J’ai adoré ce métier certes exigeant, mais qui m’a permis de faire de belles rencontres et le tour du monde. »

Son premier métier l’entraîne un peu partout mais surtout aux Etats-Unis et à Miami où elle va s’installer pendant six mois. « Pendant cinq ans, j’ai surtout travaillé pour la maison Yves Saint-Laurent », détaille-t-elle. Puis, à ses 22 ans, elle dit stop. Stop à une vie en rose. L’ambiance n’est pas en cause. « J’ai adoré ce métier certes exigeant, mais qui m’a permis de faire de belles rencontres et le tour du monde. » Mais, Ophélie se projette loin, aspire à un métier pérenne. Demain que fera-t-elle lorsque cette vie s’arrêtera ? Pour ne pas à vivre une descente aux enfers, elle préfère arrêter en haut de l’affiche. Un signe d’intelligence. Loin des clichés voulant que les mannequins manquent de neurones. La preuve : en rentrant des Etats-Unis, elle sait déjà ce qu’elle va faire. Journaliste.

Un métier qui va lui permettre de voyager et transmettre ses découvertes et ses connaissances acquises au gré de ses déplacements. Ophélie s’achète un cartable et s’inscrit à l’école supérieure du journalisme. Vint l’heure des premiers stages en entreprise. Elle décroche une place d’assistante au desk à iTélé. La suite passe en mode accéléré. A la fin de ses études, elle plonge directement dans le grand bain. Direction la télévision. Christelle Graillot, tête chercheuse de Canal+, a flairé le talent. Première mission : animer La Minute pop du Petit Journal présenté par Yann Barthès sur Canal+. Une expérience très formatrice. Elle apprend l’école de la rigueur, se frotte aux conférences de rédaction quotidiennes toujours très encadrées, aux revues de presse matinales et s’initie au vocabulaire du métier de journaliste télé : dérushage, montage, écriture. « J’ai adoré cette période », confie Ophélie dans un large sourire. « En 2 minutes 30 à 3 minutes, je devais raconter l’actu people et Entertainment des dernières 24 heures. En fait, tout ce qui touchait aux people, leur vie, et tout ce qui concernait les cérémonies comme les Oscars ou les Grammy Award. » Pour certains, Ophélie brûle les étapes. En fait, elle apprend vite.

A la rentrée suivante, en septembre 2014, lors du Mercato du PAF, on la retrouve sur Canal+ mais elle a délaissé Le Petit Journal et La Minute Pop pour la Nouvelle Edition, l’émission de divertissement en clair de la mi-journée. Ophélie est chargée d’animer une chronique média. Tous les médias sont disséqués, passés dans son scanner : la télévision, la radio et la presse écrite.

Sa propre émission 

"Ma jeunesse m’a sans doute conduit à faire des erreurs mais l’important est de rester soi-même, de ne pas mentir aux téléspectateurs."

Ophélie n’a pas le temps de souffler. Elle est l’une des grandes gagnantes du Mercato suivant. En septembre 2015, elle est promue à la présentation du Tube, succédant à Daphné Bürki à qui la direction a confié les rênes de la Nouvelle Edition. La victoire de la fraîcheur sur l’expérience. Confier la présentation d’une émission à un profil encore jeune comme Ophélie est une folie pour certains observateurs du PAF. Les premières émissions vont donner tort à ses détracteurs.

La jeune fille à la tête bien faite s’en sort admirablement bien. Elle donne un nouveau ton à l’émission des médias de Canal+ diffusée en clair le samedi pendant plus d’une heure au moment où les Français sont à table. « Ma jeunesse m’a sans doute conduit à faire des erreurs mais l’important est de rester soi-même, de ne pas mentir aux téléspectateurs. Le Tube me ressemble. Dans la vie, je suis souriante et naturelle. » Être naturelle : une attitude empruntée à sa maman et à Claire Chazal. « Elle fait partie des journalistes pour qui j’ai le plus de respect. Elle fait preuve d’une sobriété vers laquelle j’ai envie d’aller. »

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Non seulement la fraîcheur de la jeunesse triomphe mais Ophélie confirme qu’elle est une bosseuse. En rejoignant le cercle restreint des présentateurs d’émissions, elle change de statut. Sa vie change. « C’est un vrai tournant d’avoir sa propre émission », assure-t-elle. Cela change le regard des autres et le rapport aux autres. Les studios de Boulogne, hébergeant Flap Production qui produit Le Tube, deviennent sa seconde maison. Elle y passe ses journées à préparer, avec son équipe d’une vingtaine de personnes, son émission hebdomadaire. Le Tube est rythmé par une grille précise qui se compose de brèves d’infos sur les médias, d’une enquête-reportage de 8 à 10 minutes sur un sujet d’actualité en lien avec l’univers des médias.

Chaque samedi, Ophélie accueille un invité sur le plateau. Cette séquence comprend un portrait et une interview. Pas mécontente de dévoiler qu’elle écrit elle-même ses textes, elle avoue prendre la plume facilement, Ophélie a déjà eu l’occasion de montrer qu’elle n’était pas du genre à se laisser impressionner ou déstabiliser par ses invités. « S’il nous reste du temps après l’invité, nous passons une dernière séquence baptisée le Tube d’avance. Il s’agit de la présentation d’une personne qui sort du lot et qui a eu une idée avant tout le monde. C’est le cas d’un youtuber qui fait un tabac sur Internet avec de la vulgarisation scientifique. »

Un esprit en éveil permanent

« Je n’ai d’ailleurs connu que des smart dans ma vie. Je l’adore. Grâce à sa taille de lilliputienne, je trouve toujours une place. On se gare dans un mouchoir de poche. »

Pour réaliser le meilleur Tube possible, Ophélie est constamment en éveil. Cela commence au réveil avec la radio. Elle continue de l’écouter lors qu’elle prend le chemin de Boulogne au volant de sa smart fortwo. Elle ne prend jamais les transports en commun. « C’est ma quatrième smart. Je n’ai d’ailleurs connu que des smart dans ma vie. Je l’adore. Grâce à sa taille de lilliputienne, je trouve toujours une place. On se gare dans un mouchoir de poche. » Arrivée dans les studios, elle se plonge dans la presse écrite. « Je lis tous les matins Le Parisien, Libération et Le Figaro avant de regarder les réseaux sociaux et notamment twitter. » Durant la journée, elle maintient un fil continu avec l’info. Et le soir, elle se lance dans le zapping des chaînes de télé. « Je dévore les infos du matin au soir. » Lorsqu’elle ne zappe pas, Ophélie sort au théâtre ou à un spectacle. « J’adore aussi le cinéma. » Une autre façon de rester au contact de son métier. Ses nouvelles responsabilités l’ont conduite surveiller son hygiène de vie. « Pour garder la forme, je cours et je pratique la danse latine. » Quant à sa vie privée, Ophélie jure en avoir une mais assure vouloir la préserver. Elle consent à livrer son penchant pour la cuisine italienne, les pâtes, les pizzas et le tiramisu. Ses restaurants préférés. Ceux de son quartier des Ternes où elle a élu domicile depuis 2008. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Ophélie ne passe pas sa vie dehors. « J’aime bien cuisiner. C’est une façon de m’évader. Je cuisine facilement des plats à base de tapas, souvenir du passage de mes parents à Barcelone », dévoile-t-elle.

L’avenir ? « Je ne me pose pas trop de questions. Je suis concentrée à 200 % sur mon sujet. » L’heure tourne. Ophélie doit nous quitter. Sur le pas de la porte, elle nous confie dans un sourire éclatant que sa couleur préférée est le vert. Comme ses yeux qui tuent ! 

 

Propos recueillis par Sylvain Reisser – Photos : Dominique Fontenat